Demain je vole.
J'ai fait mes adieux, l'oeil sec et le coeur hypertrophié, comme il se doit lorsqu'on est grand garçon. J'ai terminé mes études, la langue sèche et le cerveau hypertrophié, comme il se doit lorsqu'on veut faire croire qu'on est intelligent.
En attendant de voler, je nage, dans des cartons, des nuages de poussière, des vagues de vaisselle et roulis de bouteilles vides.
Multivacciné, shooté au lariam pour halluciner mes rêves, poisseux d'accolades sangloteuses, je suis beau comme la vie.
Demain il sera temps de dormir.
Je n'ai vraiment honte de rien, moi.
Poussé par je ne sais quelle obscure motivation, encouragé par un frère d'infortune, je chois. Dans les méandres du nombrilisme techniciste, aux tréfonds des plus bêtes phatasmes diaristes, je me résouds à créer un blog. Bon, j'ai des excuses qui, comme il se doit, ne font qu'expliquer, un peu. D'abord, je pars. Une année, aux antipodes, je serai la tête en bas sur l'Île Rouge, Mada pour ceux qui veulent se la jouer bourlingueur. Alors, il faut rassurer la maman, donner des nouvelles aux amis, se sentir exister, se faire croire qu'en Occident, il y a encore des gens qui se souviennent de vous, s'intéressent éventuellement à ce que vous devenez. Donc facile, il n'auront qu'à aller voir. Si tant est que je me motive régulièrement à aller raconter des choses sur cette interface austère. Si aussi mon île (mon île, rien que ça ! Et après, allez faire croire que nous Européens ne partons pas en colonisateurs...) si l'île, disais-je, m'offre la possibilité de me connecter et d'assouvir mon besoin de techonologie informative. Alors on verra. Pour l'instant je suis à une petite semaine du départ et déjà fatigué, tiraillé entre l'impatience et le souhait de ne pas quitter ceux que j'aime. Somme toute assez classique. Mais on ne fait pas un blog quand on a des choses originales à y raconter...